Laissons-nous conter l’histoire du petit Jean, comment il vécu, comment il est mort, et surtout pourquoi il renaît de ses cendres chaque hiver, “tel le phoenix de ces bois”. On a dit de lui qu’il réapparaissait chaque janvier, à l'aube du soleil, lorsque par contraste il émerge des ombres où l’on plante les racines.
À l’origine existait un homme désirant l’anonymat, afin, entre autre, que sa mémoire ne soit pas souillée, et qu’il n’en réside que la part la plus pure et dévouée à un idéal ordonné où l’humanité vivrait en harmonie Avec Dame Nature. Nous le présenterons donc sous le pseudonyme de Jean Rozier, nom symbolique duquel il a signé son livre, “La tour d’ivoire”, dont notre association s’inspire en vue d’incarner l’action matérielle nécessaire à une refonte de notre rapport à notre environnement, et tenter de répondre à l’invitation d’une spiritualité profonde qui nous relie à l’essentiel : le vivant dont nous dépendons à travers ses différents règnes et ses formes d’expressions. Tout un programme, bien évidemment d’actualité lorsqu’on se rend compte à quel point les citadins comme les paysans se sont éloignés de la communion avec la nature et des éléments qui la conditionne !
Le message du petit Jean nous convie donc à revoir nos rapports avec elle, de façon non mercantile, dans le respect du minéral, du végétal comme de l’animal, et ce, quelles que soient nos croyances, convictions partisanes, mais rassemblés par le besoin commun du retour à une spiritualité plus universelle, respectueuse des différences et des particularismes tout en étant consciente des généalogies qui nous rassemblent.
Ce qui nous rassemble, c’est la volonté d’œuvrer à différentes échelles afin de sensibiliser le plus grand nombre au SOS qui nous est lancé de la Terre jusqu’au ciel, pour notre propre sauvegarde tout d’abord, et pour nos colocataires ensuite, à moins que ce ne soit l’inverse...
Jean Rozier aimait la vie plus que tout, c’est pourquoi il déplore l’entreprise de destruction macrocosmique qui caractérise notre époque, et la pollution coronaire de nos âmes en quête de sens. Nous appuyant sur sa sagesse, nous tentons au mieux d’incarner l’équilibre magnétique nous reliant à cette sphère qui nous porte dans l’espace, et qui nous supporte, tant bien que mal, alors que nous sommes trop souvent enfermés dans d’autres sphères plus individuelles, sociétales et mondaines.
Il est urgent d’élargir notre cercle, et de passer à l’action concrète, en devenant nous-même les artisans du changement nécessaire et fidèle à l’éternel regard projeté sur le monde. Notre espèce ne se définit pas uniquement par ses caractéristiques de prédation, elle vibre également dans son cœur lorsque l’harmonie la submerge. C’est cet amour qui nous motive et nous procure l’élan vital qui donne sens et vérités à nos vies respectives... L’oublier c’est se nuire, et par résurgence nier l’importance de l’oxygène que l’on respire et de l’eau qu’on ingère, négligeant ainsi dédaigneusement l’alchimie qui prend racine en terre pour permettre à la rose d’exhaler son parfum !
Succédant à Jean Rozier qui essaima quarante ans de sa vie durant, entre 1950 et 1990, à tenter de propager sa vision d’une écologie spirituelle, un autre Jean continua son œuvre en échaffaudant les principes fondateurs d’une “écologie de l’être”, l’Être étant perçu dans sa globalité et ses complémentarités, de l’infiniment petit jusqu’à l’infiniment grand. Nous l’avons côtoyé pendant plus de trois décennies et l’avons vu enrichir et faire fructifier son jardin, sélectionnant les graines les plus prométeuses, et n’arrosant pas plus que nécessaire les plantes vivaces, qui, à chaque nouveau cycle, sont en compétitions individuelles pour s’arroger une première place à la lumière. D’ailleurs, l’ombre de son existence est également couverte par son anonymat puisqu'il a signé son ouvrage du nom de Jean Troy. Sa pensée exigente ayant forgée sur l'enclume des enfers le tronc commun de notre action, nous aspirons dorénavant à développer ses ramifications, afin de faire fructifier ce vieux chêne, et rendre à l'esprit sa loi, universelle, pleine et entière, à l'image de cette sève qui pousse chaque arbre à monter vers la lumière.
Seules les idées nous importent car elles ont des ailes, la personnalité humaine ne se solidifiant que par elles ! Rendant hommage à nos précurseurs, nous respectons également leur volonté de s’effacer devant la splendeur de la nature, et de glorifier l’ordre et l’équilibre hamonieux dont elle est l’expression.